GAY PRIDE CAMBODGIENNE 2012 – “Different but the same” in French News

ÉCRIT PAR ANAÏS CHATELLIER

Du 12 au 20 mai, la communauté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres) se réunit à Phnom Penh afin de sensibiliser la population cambodgienne et de faire connaitre cette minorité encore dans l’ombre. Au programme des festivités : des débats, des projections de film, du sport. Retour sur l’évolution de la communauté LGBT et des difficultés qu’elle rencontre au Royaume, avec Srun Srorn, l’organisateur de l’événement.

L’idée de réunir la communauté gay du Cambodge se concrétise en 2004, à l’initiative de plusieurs homosexuels souhaitant travailler sur le thème du SIDA. A ce moment là, on est loin de l’événement que l’on appelle aujourd’hui la “Gay Pride phnompenhoise” : les hommes se réunissent en huis-clos, et cherchent à organiser des campagnes de sensibilisation dans le but de promouvoir une vie sexuelle saine pour les hommes homosexuels. Les parades sont alors à peine envisagées : il est encore trop tôt.

C’est seulement cinq ans plus tard, en 2009, que la communauté connaît une forte avancée en termes de reconnaissance : l’association RoCK (Rainbow Community Kampuchea) est créée, et accueille désormais les femmes homosexuelles. En 2004, ils n’étaient qu’une centaine ; en 2009, l’édition de la Gay Pride attirait déjà près d’un millier de participants.

“Different but the same”

A l’occasion du sommet de l’ASEAN qui s’est tenu au Cambodge, l’association RoCK a décidé cette année de donner davantage d’ampleur à l’événement, notamment en accueillant ses voisins. Srun Srorn, organisateur de l’évènement et membre de RoCK, explique : “Malheureusement, la communauté LGBT de Brunei n’a pas pu venir mais neuf pays de l’ASEAN sont représentés. Nous ne sommes pas uniquement entre membre de l’ASEAN, plusieurs personnes du monde entier sont venues nous rejoindre depuis le 12 mai”. A cela s’ajoute une autre nouveauté, tout aussi bénéfique en terme de communication : des ONG, des ambassades et des entreprises privées se sont jointes à la semaine LGBT.

Ainsi, pour la première fois un défilé LBGT a eu lieu le lundi 14 mai, employant des moyens très locaux en guise de chars : des tuk-tuks. Des cours de yoga sont également proposés : “Nous ne pouvons garantir que vous obtiendrez un corps digne d’un model Calvin Klein, mais vous pourrez améliorer votre souplesse, votre force, votre équilibre et votre posture” annonce le programme. De quoi motiver les participants malgré la pluie. Pratiquement tous les jours, des cours d’aérobic sont organisés dans le parc de Wat Botum. Pour l’aspect plus culturel, plusieurs films sont diffusés tout au long de la semaine, à la Meta House et à l’Institut Français notamment. “La plupart des films que nous avons choisis sont au sujet de la communauté LGBT et promeuvent le respect des droits humains”, annonce Srun Srorn.

Toutes ces actions se dérouleront dans un esprit de tolérance résumé dans le slogan choisi par l’association : “Different but the same” (Différents, mais semblable”). Et si toutes ces petites activités ont leur importance au cours de cette semaine, le 17 mai, reconnu dans le monde entier comme “La journée Internationale contre l’Homophobie et la Transphobie”, reste le moment phare. Cette date symbolique a été choisie en souvenir du jour où, pour la première fois, l’Organisation Mondiale de la Santé retire de la liste noire des maladies mentales, l’homosexualité : c’était en 1990.

L’acceptation de la LGBT par les cambodgiens et le gouvernement reste limitée

“Nous ne faisons pas de manifestations, donc nous n’avons pas pour l’instant de problème avec le gouvernement”, confie Srun Srorn. Pour autant, le gouvernement et la société ne semblent pas comprendre ni accepter la communauté LGBT : “Ils pensent que nous sommes influencés par l’Occident ou la communauté thaïlandaise, ce qui est faux. Ils pensent que nous ne respectons pas la culture khmère, ce qui est également faux”, poursuit Srun. Selon ses observations, les plus réticents sont les plus âgés. Pour la plupart des quadragénaires et plus, il n’est pas concevable qu’une personne en aime une autre du même sexe.

Quant au ladyboys, ils ne sont pas mieux acceptés malgré les idées reçues. Préparés très jeunes à devenir ladyboys, c’est dès l’age de 12 ans que pour certains “la discrimination, le rejet et la maltraitance commencent”. A l’école d’abord puis pour ensuite pour trouver un emploi : “Les entreprises les prennent pour des voleuses, des droguées.” Srun Srorn ajoute : “Nous sommes tous des membres de la société cambodgienne. Nous aidons la société et le pays partout et en tout temps. Nous sommes étudiants ou professeurs, collègues, musiciens, chanteurs, fonctionnaires…”. Mais il n’est pas question pour le moment de changer les lois et coutumes khmères, rassure-t-il cependant. Il s’agit, simplement, de permettre la discussion et de trouver une place à la communauté LGBT dans la société khmère. Tout est à développer et Srun Srorn le sait bien, c’est pourquoi dès la fin de cette Gay Pride, les événements de la prochaine édition seront déjà abordées.

Anaïs Chatellier (www.lepetitjournal.com/cambodge) Mercredi 16 mai 2012

Pour plus d’informations sur les évènements, vous pouvez consulter la page Facebook Cambodia LGBT Pride.

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